Rechercher la douleur

La notion de douleur, de souffrance, ou comme on dit en chinois, de manger amer est souvent très mal comprise. Cette incompréhension résulte de la combinaison de deux erreurs de raisonnements qui pour une fois s'excluent mutuellement. C'est déjà ça !

Première erreur : pas de résultat sans souffrance

Nous confondons souvent l'idée de souffrance avec l'idée de travail, ou d'effort. S'il est vrai que le mot travail vient du latin tripalium qui désigne un instrument de torture destiné aux esclaves rebelle, tout travail n'implique pas nécessairement un côté désagréable. Cet mauvaise association est renforcée par des maximes stupides comme "No pain, no Gain" soit en français "pas de douleur, pas de résultats".

Ce préjugé est extrêmement répandu et pour de bonne raisons. Il provient en effet de notre expérience directe, et donc du mécanisme même de création des préjugés. Il est très fréquent dans le monde des arts-martiaux, arts de combat, ou du sport, où les pratiquants transpirent, souffrent, ont des courbatures avant d'avoir des résultats.

L'erreur de raisonnement consiste à confondre le fait que régulièrement, de manière répétée l'entraînement va causer des désagréments avec le fait que nous devons subir ces désagréments pour progresser. Il n'y a en fait pas de rapport.

Exemple

Rappellons qu'il y a un siècle, l'enseignement dans les écoles primaires se passait à la baguette. Sous-entendu, que la faute entraînait de la douleur physique, et que la peur de la douleur allait pousser l'élève à se concentrer et donc à mieux apprendre. Ce système marchait. Pourtant nous pouvons constater que nous pouvons amener un élève à apprendre tout aussi bien sans peur, ni douleur. D'ailleurs personne de nos jours dans nos contrées n'aurait l'idée d'utiliser la souffrance pour faire mémoriser les tables de multiplication !

Douleur, souffrance, désagréments sont des sous-produits fréquents de la pratique mais ne sont en aucun cas un moteur de cette dernière.

La douleur n'est pas un but.

Deuxième erreur : une pratique de bien-être doit être agréable

D'un autre côté, nous avons une pensée qui prétend que puisque nous travaillons à notre bien-être, ce processus doit être agréable.

Nous confondons alors le but et la méthode. Nous assimilons le chemin avec la destination du voyage.

Cette erreur est très répandue chez ceux qui pratiquent certaines formes de travail dit de méditation. Ils pensent que puisqu'ils se sentent bien quand ils effectuent leur méditation, elle est efficace et en déduisent aussi que pour être efficace un travail doit être agréable. Vous voyez clairement qu'il s'agit d'une parfaite erreur de raisonnement logique.

Si quand il pleut il y a des nuages, cela ne veut pas dire que quand il y a des nuages il pleut.

Voir les choses ainsi ne va pas nous aider à avancer sur notre chemin. Pas plus que prendre une aspirine pour soulager un mal de crâne ne va nous aider à diminuer la fréquence de nos migraines.

Ce préjugé que je pourrais appeler "no pain is gain" va se renforcer facilement chez tout ceux qui ont une volonté un peu faible, ou disons plus faible que leur mental. En effet les mécanismes qui protègent l'esprit s'activent naturellement dès que l'on remet en question notre vision du monde. Ils vont être renforcés par les raisonnements, les jugements, le verbiage dans l'esprit, en clair par l'action du Mental.

Exemple

Après une pratique sportive un peu intense il est plutôt intelligent de faire des étirements musculaires. Vous en conviendrez, c'est désagréable ! Pourtant la gêne voire la douleur ressentie est nécessaire pour vider les muscles de l'acide lactique et donc éviter les courbatures et donc au final pour notre bien.

Même si le but est d'être bien, la méthode peut être désagréable

Une bonne pratique peut être désagréable.

En conclusion

Nous avons donc deux idées fausses qui peuvent être démontées très facilement avec un peu de bon sens. Au final il faut se dire que désagréable ou pas, une bonne pratique amène au bien-être.

En résumé

Ne recherchons pas le côté désagréable. S'il se présente à nous acceptons le.